Charlotte Lecarpentier, créatrice d’abat-jours uniques

Crédit photos : Matthieu Gauchet / Semaest

L’Atelier Tryphon n’est pas une boutique de décoration comme les autres : entre ces murs du Faubourg Saint-Denis, dans le Xe arrondissement, sont présentés des abat-jours conçus et réalisés à la main pour sublimer les intérieurs. Et, surtout, donner tout son sens à la lumière. Ici, cet accessoire habituellement fabriqué en série s’émancipe et devient un objet déco à part entière.

Famille d’antiquaires

Aux manettes de cet atelier-boutique ouvert depuis décembre 2019, Charlotte Lecarpentier n’a pas toujours été créatrice d’abat-jours. Avant de bifurquer vers cette activité, cette diplômée de Sciences Po travaillait dans un tout autre domaine. Mais l’envie de créer l’a toujours accompagnée. « J’aime ce qui touche à l’artistique et au manuel », confie-t-elle.

Issue d’une famille d’antiquaires brocanteurs, Charlotte Lecarpentier a baigné depuis son enfance dans l’univers de l’objet et c’est presque naturellement qu’elle s’est mise à la création d’abat-jours. « Ma sœur antiquaire tenait une boutique dans l’Orne dans laquelle beaucoup de lampes anciennes n’avaient plus d’abat-jours. J’ai donc commencé par en créer quelques-uns, puis quelques dizaines… Le succès aidant, c’est devenu une activité à part entière », raconte Charlotte Lecarpentier.

Ses premiers clients sont des Parisiens souhaitant redécorer leurs maisons secondaires dans l’Orne. Alors quand elle décide d’ouvrir l’Atelier Tryphon en plein Paris, elle dispose déjà d’une clientèle fidèle qui s’est agrandie depuis à tous ceux qui souhaitent apporter une touche personnelle à leur intérieur.

Non au standardisé

Autodidacte, Charlotte Lecarpentier a pris le contrepied de ses quelques années de formation en design industriel pour créer des abat-jours uniques. Certes, elle sort des collections tout au long de l’année, mais pas question de tomber dans la standardisation. Ses abat-jours sont réalisés au gré de ses inspirations et de ses expérimentations.

« Je m’inspire beaucoup des saisons, explique-t-elle. A l’approche de l’hiver, j’aime par exemple utiliser des tissus écossais et donner à mes abat-jours des ambiances un peu British, sans pour autant tomber dans le trop classique. Mes tissus tartans pourront donc être sur fond fluo. Inversement au printemps, je travaille des matières plus naturelles, des tons plus clairs. » La créatrice mixe aussi les matières : papiers marbrés, kraft, coton recyclé, soie, raphia… Et travaille à l’envie, sur le vif. « C’est en manipulant et en cherchant des matières que me vient l’inspiration. Il m’arrive parfois d’être sur une création et de tout arrêter si cela ne me plaît pas. »

Sur sa bicyclette, Charlotte Lecarpentier se rend régulièrement au marché Saint-Pierre, non loin de sa boutique, et dans des magasins de reliure comme celui de la rue des Poitevins. « A chaque fois, c’est comme entrer dans une pâtisserie : j’ai envie de tout ! », assure-t-elle. Bien que fille d’antiquaire, elle chine très peu sur les brocantes. « Avec la lumière, tous les défauts se voient. Alors les tissus que j’utilise doivent être de bonne qualité, sans trou ni tâche ni aucune trace d’usure. »

Créations sur-mesure

En parallèle de ses mini-collections, Charlotte Lecarpentier travaille à la commande. Ses créations sont alors uniques, réalisées sur-mesure. « Le client apporte sa lampe à l’atelier-boutique et nous discutons ensemble de ses envies. Nous faisons quelques essayages, un peu comme dans une boutique de chapeaux. »

L’ambiance de son atelier-boutique est d’ailleurs chaleureuse et propice à l’échange. Une cheminée décorative, des fauteuils en rotin et des tapis mettent en valeur les créations de Charlotte Lecarpentier disséminées de ci, de là, dans l’espace. « Cette grande vitrine et cette hauteur sous plafond de 3m60 me permettent de présenter mon travail comme dans un showroom, reprend-elle. Les clients peuvent ainsi voir ce que je fais et m’expliquer ce qu’ils désirent. »

Entre le choix de la couleur et de la matière, le travail du fond et des bordures auxquels peuvent s’ajouter des finitions à l’encre, le potentiel de création est infini.

ATELIER TRYPHON
104 rue du Faubourg Saint-Denis, 75010 Paris

www.abat-jour-tryphon.com